Cette bande là ne se quitte pas d’une semelle, habite, mange, fait l’amour ensemble et participe d’une manière ou d’une autre aux projets de chacun. On aurait envie de faire une métaphore avec le Wu-Tang Clan mais on ne va pas la faire en fait. Ils sont bien plus beaux les Fox Heads, et surtout vachement plus fous. La faute à Funken ou à Ira Lee ? Question piège, il fallait répondre « les deux », évidement. Ou répondre « la p’tite beauté », qui est devenu le cri de guerre de cette fratrie qui semble avoir trouvé dans le hip-hop le meilleur moyen d’essayer plein de choses, quitte surtout à ne pas en faire, du hip hop, justement.
Quand Funken répond aux rappeurs qu’il fait de la pop, et aux poppeux qu’il fait du hip-hop, il faut comprendre que le jeune homme n’ose pas dire, modeste comme il est, qu’il a inventé son propre genre : le hip-hop «à la Funken». Et quand Ira Lee et Funken se mettent ensemble sur leur duo The Fox Heads, c’est un troisième genre qui apparaît : du hip-hop «à la Fox Heads» (comprenez : de la pop) !
Avec un maître sushi du laptop qui enregistre tout ce qui lui tombe sous la main et un showman sidérant à la voix classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, ça donne un album qui rend heureux, qui invente l’avenir, qui rend heureux (je l’ai déjà dit je crois) et qui invente (encore ?!) avec finesse et décontraction une musique qu’on n’espérait même plus : celle qu’on avait encore jamais entendue, ni plus ni moins.
Ces deux slackers, qui font du hip-hop sur des scènes rock comme ils aiment dire, arrivent à mettre tout le monde dans leur poche en alliant le flow de Blackalicious, de Busdriver, de TV On The Radio ou de Franck Sinatra avec des ambiances allant du post-punk au calypso le plus chaloupé, de guitares jouées à un doigt à de la clap music entre amis, de la pop musique simple, intelligente et joyeuse,qui donnent à chaque fois envie de danser à deux, tendrement, un musclé pogo d’amoureux…
Et tout ça sort d’un petit studio tourangeau fait de bric et de broc ! Un miracle ? Non, du talent et de l’enthousiasme.
Et quand on apprend que pendant l’enregistrement de l’album des Fox Heads, Ira Lee a trouvé le temps d’enregistrer aussi un album avec JB de Pneu et un autre avec Rubin Steiner (facile, ils font tous de la musique au même endroit), il est fort à parier qu’il y aura beaucoup de monde sur scène pendant cette soirée. Météo France l’annonce d’ores et déjà comme la nuit la plus chaude du printemps. (FL)
Ira Lee est un artiste multidisciplinaire sorti tout droit des prairies canadiennes via Montreal, Quebec qui se dévoue corps et âme à la production de sa musique depuis près de 15 ans. Ira Lee a la bougeotte et toujours à l’affût de nouvelles collaborations et de nouvelles explorations musicales et textuelles. Il a produit et réalisé, à ce jour, environ 11 albums par lui-même qui explorent des thèmes variés et souvent presque thérapeutiques. Sa voix, son flow et ses lyrics atypiques font de lui un artiste remarquable, particulier, touchant et original plus que reconnu dans le milieu musical indé. Et son CV est impressionnant. En plus d’être un artiste de talent plus que productif, Ira Lee est aussi un véritable «showman» ; quelqu’un qui est capable de laisser une impression instantanée dès les premières secondes… C’est un rappeur intense qui s’ouvre complètement et se vide de son énergie et de ses émotions d’une façon bouleversante, faisant de chacun de ses shows une expérience unique… Même les plus sceptiques seront convaincus!
Funken est un tourangeau trop méconnu adepte du surimi sur ordinateur, qui quand il ne fait pas des remixes avec les pistes des copains, quand il ne chante pas son impuissance d’être un rappeur français, il trouve le temps de produire la musique de son grand cousin ricain-canadien Ira Lee. Album de l’année à venir incontestablement! Ces gars là sont du genre « Ils tapent sur des guitares en bambous et c’est numéro 1 man ».






