2000. 2003. 2006. Le cycle de reproduction du Zimpala est pour le moins régulier! Voici le petit dernier. Trois ans après « The Breeze is Black », « Roneyrnoon » marque une étape décisive dans le parcours de ce collectif bordelais devenu un peu plus « groupe ». Petit come-back sur un parcours atypique et intelligent.
2000, « Almaviva ». Première galette sous les couleurs de Platinum Records. Frédéric Beneix (aka DJ BNX) réuni quelques uns des jeunes talents de l’électro made in Bordeaux. Fondateur et co-producteur du projet, celui qui a déjà sévi comme label-manager de Fantômas tient, et tiendra pour les deux autres disques, un rôle de directeur artistique déterminant. Sous son oreille, David Walters, Benja &: Fatalis (aka The Film), Anton &: Noémie, bordono &: Arnaud Pierret, sont« Zimpala ». Leur façon d’entremêler samples et instruments acoustiques forme déjà une électro cinématique, qui affirme son goût pour les percussions du monde, le jazz et un dance-floor des plus charnel. L’un des titres, Baseball, est utilisé aux USA comme bande son pour une pub Motorola. Le graphisme classieux de l’album est signé Dan de Captain-Studios. C’est désormais lui qui sera aux manettes de l’image Zimpala.
2003, « The Breeze is Black ». Succès amplifié. Les titres « Adios » et « Sugar » font mouche sur les ondes. Zimpala s’en tient à cette forme de collectif qui, avec le temps, trouve une cohérence malgré la multiplicité de ses sources créatrices. Un petit nouveau rejoint la bande, Antoine Boistelle (aka Antane). « The Breeze … » se retrouve compilé dans le monde entier, et notamment sur Costes 6. Beau succès outreatlantique. L’album sort également en Allemagne, Espagne, Australie, Ukraine, Russie, sans oublier le Japon et le Canada. DJ BNX assure quant à lui une promotion sans frontières, avec un set Zimpala joué dans les meilleurs clubs parisiens (Alcazar, Queen, Favela Chic, Bataclan … ), et aussi lors de tournées au Mexique, en Russie et aux USA. L’électro semble bien avoir trouvé avec Zimpala son passeport pour la sensualité et le rêve.
2006, « Honeymoon ». Toujours sous la direction de DJ BNX, décisif notamment dans le choix des «remixers», la gestation de ce nouvel opus s’est déroulée d’une manière plus resserrée. Zimpala a d’abord trouvé sa voix. Celle de Noémie, qui se pose ici sur la quasi-totalité de l’album. En anglais, et en français aussi, pour la première fois sur deux titres. Toujours plus suave, toujours plus touchante malgré ses airs coquins (Le pays d’Alice).
La majorité des titres a finalement été composée par le trio Antane-Anthon-Noémie. Leur électro ne cache plus son goût pour une chanson-pop fine et racée. Dans le studio, les imaginaires latinos façon Tarantino jaillissent avec force (She’s from Mexico, Roneymoon). Guitares de cristal, claviers ludiques, basses efficaces et porteuses, la séance de cinéma n’en est que plus belle.
« Honeymoon » n’oublie pas non plus les désirs de jazz de bordono (For a waltz), la voix singulière et poignante du gitan Jonathan Pisa (Rasta la Vista), la grasse basse d’Arnaud Pierret, le parlé-chanté dark et groovy de Benja (The Party, lnto the Maze).
Finalement, cette « lune de miel» est celle de tous les mariages. De l’homme et de la machine, une nouvelle fois. Du brut et du synthétique. Du souffle, de la voix et des beats qui invitent à la danse (Trop méchante, lnto the maze. The Party). Des musiques traditionnelles (Hasta la vista) et d’une soft-pop lumineuse (Fall in the water).
Zimpala gambade. Libre, aventureuse. Avec une telle antilope, la savane est quand même bien plus belle … Il est grand temps de la (re)découvrir !
Benoit Lugué – Mars 2006







